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Face à la recrudescence
des conflits fonciers et aux défis croissants liés à la sécurisation des
investissements agricoles, l’État de Côte d’Ivoire, en collaboration avec le
secteur privé, organise un Atelier national sur les problématiques foncières
des entreprises agro-industrielles. Cette rencontre de haut niveau se tiendra à
Grand-Bassam du 04 au 06 mars 2026 et réunira l’ensemble des parties prenantes
concernées par la gouvernance foncière.
Depuis plusieurs années,
le Gouvernement ivoirien a engagé d’importantes réformes dans le domaine du
foncier rural et urbain, avec pour objectif la sécurisation des droits de
propriété, la promotion des investissements agricoles et la prévention des
conflits liés à la terre. Ces réformes se sont traduites par l’adoption de nombreux
textes législatifs et réglementaires encadrant l’immatriculation des terres, la
purge des droits coutumiers, l’indemnisation des cultures et la modernisation
de l’information foncière.
Cependant, malgré ce cadre
juridique renforcé, les entreprises agro-industrielles continuent de faire face
à de multiples difficultés sur le terrain. Contestations illégitimes de titres
fonciers, occupations anarchiques de terres, destructions de cultures,
revendications communautaires, menaces physiques ou entraves à l’accès aux
plantations figurent parmi les pratiques dénoncées par les opérateurs du
secteur. Autant de situations qui fragilisent les investissements, freinent la
croissance du secteur agricole et alimentent l’insécurité foncière.
La problématique a été portée à l’attention du Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP) par l’Union des Grandes Entreprises Industrielles de Côte d’Ivoire (UGECI). À l’issue des premières consultations, la tenue d’un atelier national inclusif a été recommandée afin de permettre un examen approfondi des préoccupations et d’aboutir à des solutions concrètes, durables et opérationnelles.
Durant trois jours, cet
atelier poursuivra un double objectif : examiner les préoccupations foncières
spécifiques des entreprises agro-industrielles et formuler des propositions
concrètes pour garantir la sécurisation des droits fonciers et des
investissements privés. Il s’agira également de renforcer la compréhension des
réformes foncières par les autorités administratives et communautaires, souvent
en première ligne dans la gestion des conflits.
Les travaux s’articuleront
autour d’exposés de cadrage, de panels et de travaux en commissions thématiques
portant notamment sur les formalités administratives, la contestation des
droits fonciers des agro-industriels, l’accompagnement de l’autorité
administrative, pour répondre aux difficultés liées aux parcelles des
agro-industriels affectées par des attributions diverses (planification
urbaine, permis miniers, réserves naturelles.
A l’issue de l’atelier, un
rapport général et un Livre blanc seront élaborés et soumis au Gouvernement.
Ces documents synthétiseront les préoccupations exprimées par les acteurs du
secteur, proposeront des solutions adaptées et définiront un plan d’actions à
court, moyen et long terme.
Placée sous la supervision
d’un Comité scientifique présidé par le Conseiller technique du Ministre
d’État, Ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions
vivrières, cette rencontre se veut un cadre de dialogue constructif et de
co-construction de réponses durables. Elle ambitionne, à terme, de renforcer la
gouvernance foncière, d’apaiser les tensions et de créer un environnement plus
sûr et attractif pour les investissements agro-industriels en Côte d’Ivoire.