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ATELIER DE RESTITUTION DU DIAGNOSTIC DES AOP DE BOUAKÉ ET KORHOGO : DEUX JOURS POUR TRANSFORMER LES DÉFIS EN LEVIERS D’ACTION


Pendant deux jours, les représentants de cinq Associations et Organisations Professionnelles (AOP) de Bouaké et de Korhogo ont pris part à un atelier stratégique de restitution de diagnostic et de dialogue public-privé. Organisé par le Comité de Concertation État/Secteur Privé (CCESP), avec l’appui financier du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et le soutien de la Coopération Allemande (GIZ), cet atelier a marqué une étape décisive dans le renforcement des capacités organisationnelles et du plaidoyer des AOP locales.

Une ouverture sous le signe de l’engagement et du dialogue

C’est Mme Mariam Fadiga Fofana, Secrétaire Exécutif du CCESP qui a officiellement ouvert les travaux, saluant l’engagement des participants venus de Bouaké et de Korhogo. Elle a souligné l’importance de cet atelier dans la consolidation du dialogue public-privé, tout en mettant en avant la nécessité de transformer les diagnostics en actions concrètes.

Dans une adresse empreinte de reconnaissance et de mobilisation, elle a également salué la qualité du travail de la consultante, tout en exprimant la solidarité institutionnelle dans un contexte personnel difficile.


Restitution du diagnostic et analyse approfondie des AOP

La première journée a été consacrée à la restitution du diagnostic des cinq AOP. Les participants ont été introduits à l’approche méthodologique adoptée, avant de suivre une présentation détaillée des analyses institutionnelles, organisationnelles et fonctionnelles.

Les échanges qui ont suivi ont permis d’enrichir les constats, de confronter les réalités de terrain et de valider les principaux axes d’amélioration. Un accent particulier a été mis sur les services à valeur ajoutée offerts par les AOP ainsi que sur les leviers de modernisation, notamment en matière de gouvernance, de structuration et de performance.

Des AOP aux profils divers mais aux défis convergents

Les organisations concernées illustrent la diversité du tissu entrepreneurial local. La FENAHTCI se positionne sur la transformation du coton, notamment à travers la production d’huile alimentaire et la valorisation des sous-produits comme les tourteaux destinés à l’alimentation animale. La Coopérative HOUKAMI, créée en 2018, mobilise des femmes rurales et des jeunes entrepreneures autour d’activités génératrices de revenus dans plusieurs secteurs, contribuant ainsi à leur autonomisation économique.

L’Association des Fileuses et Tricoteuses de Waraniéré regroupe exclusivement des femmes engagées dans la transformation artisanale du coton et la production textile. Le Groupement des Entrepreneurs du Bâtiment (GEBAT), fédère des TPME et PME du secteur du bâtiment et des travaux publics. Quant au Club des Alumni de Bouaké, il rassemble une cinquantaine de PME issues de secteurs variés, allant de la communication à l’agroalimentaire en passant par l’immobilier et la formation.

Malgré cette diversité, ces structures font face à des problématiques communes. Les discussions ont mis en lumière des difficultés persistantes liées à l’accès à la matière première, aux conflits entre agriculteurs et éleveurs, à l’insécurité foncière, ainsi qu’à l’accès au financement et aux marchés, qu’ils soient publics ou privés. Les contraintes fiscales, les exigences de conformité réglementaire et la faible productivité, souvent liée au manque d’équipements modernes et d’accompagnement technique, constituent également des freins majeurs à leur développement.

Un dialogue direct et constructif avec l’administration

La seconde journée a été marquée par un dialogue direct particulièrement riche entre les représentants des AOP et ceux de l’administration publique. Cette séquence a permis de dépasser les constats pour engager des discussions concrètes autour des défis sectoriels.

Les échanges ont porté sur des enjeux structurants tels que les défis du secteur agricole, les contraintes liées aux contrôles administratifs et à la conformité réglementaire, l’accès au financement bancaire, l’accès aux marchés publics et privés, ainsi que la valorisation du savoir-faire artisanal.

Des experts de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers de Côte d'Ivoire et de la Direction Générale des Marchés Publics ont apporté des éclairages techniques sur les mécanismes de financement et les procédures d’accès à la commande publique. Leurs interventions ont permis de lever plusieurs incompréhensions, notamment celles liées à l’asymétrie d’information entre les dispositifs existants et leur appropriation par les acteurs locaux.

Des échanges de qualité pour une co-construction efficace

L’un des points forts de cet atelier réside dans la qualité des échanges. Le dialogue franc, direct et structuré entre les acteurs du secteur privé local et les représentants de l’administration a permis de poser les bases d’une collaboration renouvelée.

Les participants ont salué l’écoute des autorités et la pertinence des réponses apportées, tandis que les représentants de l’État ont pu mieux appréhender les réalités opérationnelles des AOP. Cette interaction a contribué à renforcer la confiance mutuelle et à favoriser une meilleure compréhension des enjeux de part et d’autre.

Une clôture tournée vers l’action

Clôturant les travaux au nom de Mme le Secrétaire Exécutif du CCESP, Mme Mariam Fadiga Fofana, le Conseiller Technique M. Serge Séké a insisté sur la nécessité de traduire les défis identifiés en opportunités concrètes. Il a également rappelé que la satisfaction des participants constitue le premier indicateur de réussite pour le CCESP.

Il a annoncé l’élaboration prochaine d’un rapport consolidé intégrant l’ensemble des contributions issues des échanges, en vue d’affiner la feuille de route d’accompagnement des cinq AOP. Dans cette dynamique, des sessions de renforcement des capacités seront organisées sur site, au plus près des réalités locales. Un accent particulier sera accordé, d’une part, au renforcement de la relation des AOP avec leurs membres à travers la mise en place de Services à Valeur Ajoutée, et d’autre part, à la poursuite du Dialogue Public-Privé sur les défis critiques à travers la structuration de plaidoyers à l’endroit des autorités administratives locales et centrales.

Vers une dynamique durable de transformation

Au-delà de la restitution d’un diagnostic, cet atelier aura permis d’initier une dynamique structurante de concertation et de co-construction. En mettant en relation directe les AOP et les institutions publiques, il ouvre la voie à un dialogue plus inclusif, orienté vers des solutions concrètes et adaptées aux réalités locales.

Un pas de plus vers un environnement des affaires plus favorable, au service du développement économique territorial et de l’autonomisation des acteurs locaux.

Auteur

C.C.E.S.P

Le Secteur Privé constitue dans toutes les économies modernes, le véritable moteur de la croissance. Conscient de cette réalité, le Gouvernement ivoirien a fait de la promotion du Secteur Privé un des axes stratégiques de sa politique de développement économique.