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Dans les couloirs des Assemblées
annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque
mondiale, qui réunissent du 12 au 17 octobre plus de
15 000 délégués de 191 pays à Bangkok en Thaïlande, la Côte
d’Ivoire ne vient pas plaider sa cause : elle présente ses résultats. Le
ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, chef de la
délégation ivoirienne, enchaîne depuis l’ouverture une série de rencontres avec
les grandes institutions et les partenaires du pays.
Une reconnaissance venue du plus haut
niveau
Le signal le plus fort est venu de la
Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Lors de la réunion
ministérielle du G24, présidée par Taiwo Oyedele, ministre des Finances du
Nigeria, en présence de Paschal Donohoe, présenté comme Directeur général du
Groupe de la Banque mondiale, elle a salué la reprise économique remarquable de
la Côte d’Ivoire, citée en exemple pour sa capacité à se relever après une
guerre civile qui avait profondément dévasté son économie.
Un satisfecit qui conforte la
trajectoire du pays et les progrès accomplis dans la consolidation de ses
fondamentaux et la mise en œuvre des réformes structurelles.
Des perspectives solides, une
vigilance assumée
Réunis le mercredi 14 octobre
avec le FMI, les ministres des Finances de l’UEMOA ont passé en revue les
perspectives mondiales, africaines et sous-régionales, dans un contexte marqué
par les tensions géopolitiques, les perturbations des prix de l’énergie et du
trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, et les effets du changement
climatique, dont le phénomène El Niño.
Le message d’Adama Coulibaly :
l’économie mondiale fait preuve de résilience. Les chiffres avancés
l’illustrent :
·
4,2 %
en 2026 et 4,4 % en 2027 : la croissance attendue en
Afrique ;
·
6,1 %
en 2026, après 6,5 % en 2025, puis 6,4 % en 2027 : la croissance
projetée dans l’UEMOA ;
·
plus de
huit mois d’importations : la couverture offerte par les réserves de
change reconstituées de l’Union.
Mais la prudence reste de mise. « Nous sommes actuellement bien positionnés pour faire face aux incertitudes internationales. Mais on n’est jamais suffisamment préparé », a prévenu le ministre, qui insiste sur la nécessité de dégager des marges budgétaires pour absorber les chocs extérieurs. Endettement, intelligence artificielle et solutions adaptées aux réalités du continent figuraient également au menu des discussions.
FMI : l’après-programme se
prépare
À l’ouverture des Assemblées, le
ministre a reçu Wautabouna Ouattara, administrateur représentant la Côte
d’Ivoire et treize autres pays au Conseil d’administration du FMI. Au sortir de
la séance, le message était clair : « À l’issue du dernier Programme
économique et financier, tous les déséquilibres macroéconomiques qui avaient
été constatés ont été résorbés. »
Le FMI attend désormais que la Côte
d’Ivoire se prononce sur la suite de la coopération. La question est encore
« en examen au niveau des plus hautes autorités », a indiqué le
ministre, qui précise que le pays demeure « dans une logique de
concertation, de collaboration avec le FMI ». Une plénière avec le Fonds,
en présence du Directeur général adjoint chargé de l’Afrique, est prévue pour
prolonger les échanges.
Banque mondiale :
17 milliards de dollars et un cap sur 2035
Reçu par le vice-président de la
Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, le
ministre a entendu un bilan flatteur : des résultats économiques salués et
un taux de décaissement des projets de 26 % en 2026.
Surtout, M. Diagana a annoncé la
préparation d’un nouveau cadre de partenariat à l’horizon 2035, aligné
sur les priorités du Plan national de développement (PND). Les 17 milliards
de dollars annoncés par l’institution doivent soutenir des programmes
structurants dans l’énergie, l’agriculture, le capital humain et les projets
régionaux, avec un objectif central : la création d’emplois.
Obligations « samouraï »,
« panda » : une diplomatie financière offensive
Au-delà des rendez-vous
institutionnels, la Côte d’Ivoire vient à Bangkok avec des solutions à
partager. Elle a déjà réalisé des émissions sur le marché japonais, les
obligations dites « samouraï », et prépare des émissions sur le
marché chinois, les « panda bonds ». Elle présentera aussi son
expérience en matière de gestion foncière et de réforme fiscale.
L’expertise ivoirienne en gestion de
portefeuilles de projets est, elle aussi, très demandée. « Notre
expérience est sollicitée partout et nous sommes invités à partager nos
résultats et notre réussite avec les autres pays », s’est félicité le ministre.
Les échanges avec le Trésor américain ont par ailleurs permis de renforcer la coopération financière et économique. Du côté thaïlandais, les discussions ont exploré l’expérience du royaume en matière d’industrialisation, d’agriculture et d’économie circulaire, avec des perspectives de coopération agricole et rizicole.
Transformer les engagements en emplois
Cette offensive répond à un objectif
précis : accélérer la mobilisation des financements du PND. Le ministre du
Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, également membre de la
délégation, a rappelé que les partenaires réunis lors du Groupe consultatif
d’Abidjan s’étaient engagés à mobiliser 80 milliards de dollars, soit
quatre fois les 20 milliards recherchés.
L’enjeu est désormais de convertir ces
engagements en investissements productifs, en emplois et en une amélioration
concrète du bien-être des populations. Avec, d’ici la clôture des Assemblées,
les réunions statutaires du FMI et de la Banque mondiale, dont le Comité
monétaire et financier international, de nouveaux rendez-vous pour y parvenir.