12ème RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE SUR LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA COTE D’IVOIRE

L'institution salue les performances économiques du pays/« La situation économique de la Côte d’Ivoire est bonne ».

Le ministre Adama Coulibaly rassure sur les dispositions prises pour améliorer la productivité dans tous les secteurs.

 

Le 12ème  rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire a été publié, le mercredi 1er juin, à la salle des fêtes du Sofitel Hôtel Ivoire, Cocody.

Le Ministre de l’Economie et des Finances, Adama Coulibaly a procédé au lancement dudit rapport qui salue la résilience de l’économie ivoirienne en dépit de la crise de la Covid-19 et des conséquences de la crise de l’Ukraine.

 

Présenté par M. Hermann Djedjé Yohou, économiste à la Banque mondiale, le rapport de l’institution financière internationale indique qu’après un ralentissement de l’économie en 2020 du fait de la pandémie de la Covid-19, cette économie a évolué à la seconde moitié de 2020 et est devenue plus forte toute l’année 2021.

 

« La croissance va ressortir à 7% en 2021, elle est tirée par l’investissement privé, l’investissement public avec l’accélération des projets d’infrastructure du gouvernement. Le dynamisme de l’industrie a boosté l’emploi », a félicité M. Djédjé Yohou, auteur dudit rapport.

Et d’ajouter que le secteur financier a contribué significativement à cette évolution, « le taux de crédit bancaire a augmenté de près de 12,5%, comparativement aux années précédentes ».

 

Toutefois, l’inflation s’est accrue comme dans le reste du monde. Le taux d’inflation a atteint 4,2%, déplore le rapport. Cette inflation a été tirée par les produits alimentaires (faible production agricole), les bouleversements des chaînes de valeurs et d’approvisionnement.

 

Cependant, les perspectives restent favorables, révèle-t-il, car le PSGouv va continuer son implantation. « La situation économique de la Côte d’Ivoire est bonne. La Côte d’Ivoire porte les habits d’un grand dynamisme », s’est réjoui M. Djédjé Yohou.

 

Recommandations

 

Cette étude invite le gouvernement à privilégier l’économie numérique en terme d’innovation pour une croissance économique plus inclusive et résiliente, autour de cinq piliers numériques. Il s’agit des infrastructures, des plateformes, des services financiers, de l’entrepreneuriat et des compétences.

 

Réceptionnant le rapport des mains de la Directrice des Opérations de la Banque mondiale, Mme Coralie Gevers, le ministre de l’Economie et des Finances, Adama Coulibaly, a salué la qualité du rapport ainsi que les recommandations formulées.

 

« La croissance économique à moyen terme devrait être plus forte en intégrant les données de l’exploitation des importantes découvertes de pétrole brut et de gaz naturel, qui devraient enregistrer un doublement de la production nationale de pétrole dès 2024 » , a confié le ministre. Avant de souligner que le gouvernement ambitionne de faire baisser ce taux de pauvreté à moins de 20% d’ici à 2030, avec la reconduction du PSGouv 2ème génération (3182,4 Milliards), plus ambitieux et davantage ciblé.

 

A l’en croire, le Gouvernement met tout en œuvre pour améliorer les rendements dans le secteur agricole à travers la modernisation des outils et méthodes de production. « Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour améliorer la productivité dans tous les secteur », a rassuré le ministre de l’Economie et des Finances.

 

Sur l’impact de l’économie numérique, le ministre assure qu’elle est inscrite comme une des priorités de la stratégie de développement du pays.

 

« Le Gouvernement envisage d’accroître le taux d’accès à Internet haut débit pour les ménages et très haut débit pour les entreprises, et de rendre disponibles les services en ligne, en encourageant les investissements dans les infrastructures, afin d'améliorer la couverture dans les zones rurales et isolées, et en adoptant des réformes pro-concurrentielles dans les secteurs des télécommunications afin de faire baisser les prix » , a-t-il détaillé.

 

Concernant l’insécurité au niveau du développement de l’économie numérique, notamment la cybercriminalité, M. le ministre a fait savoir que pour contenir ce fléau, le gouvernement a mis en place sa Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité, qui a permis à ce jour de traiter en moyenne 50% des cas signalés d’infractions cybercriminelles.

 

Pour la question de l’accès au financement, le ministre Adama Coulibaly révèle que les autorités ivoiriennes entendent œuvrer à réduire les contraintes financières qui entravent le développement de l’infrastructure numérique, en remédiant aux défaillances du marché dans le financement des jeunes entreprises innovantes. Mieux, le gouvernement compte promouvoir les mécanismes de financement innovants, notamment les financements participatifs et les fonds d’innovation et de technologie. Ainsi a-t-il appelé les partenaires financiers à accompagner la Côte d’Ivoire, afin de réaliser un saut qualitatif plus rapide.

 

En sus, le ministre a invité le secteur privé a joué un rôle de « responsabilité digitale » des entreprises pour, tout d’abord œuvrer à l’accroissement et la facilitation de l’accès des populations aux services de télécommunications, mais également veiller à une utilisation éthique des nouvelles technologies.

 

A son tour, la Directrice des opérations de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, Mme Coralie Gevers a rappelé que la publication de ce rapport était un exercice semestriel mais qui a été interrompu durant deux ans en raison de la crise du coronavirus. Elle s’est dite très heureuse de cette nouvelle présentation avec la contribution de l’Etat ivoirien.

 

Elle a fait remarquer que le 12ème rapport aborde le thème de l’économie numérique. « La place de l’économie numérique dans l’économie ivoirienne progresse rapidement. Il y a déjà près de 9,6 millions d’utilisateurs d’internet dans ce pays. Le secteur des services de télécommunication a généré un chiffre d’affaire totale de 1139 milliards Fcfa en 2021. Il génère également 3000 emplois directs et près 100 000 emplois indirects », s’est-t-elle réjouie.

 

Notons que la cérémonie a enregistré les présences des ministres de l’Economie numérique et de la Communication, Amadou Coulibaly, des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, de la Culture et de la Francophonie, Madame Françoise Remark et de l’ancien ministre de l’Economie numérique, Roger Adom. Elle a été également meublée par la tenue d’un panel avec pour thème : « le secteur numérique, vecteur d’une économie émergente ». Ce panel était animé par le ministre Amadou Coulibaly, le Directeur général d’orange Bank Africa, M. Jean-Louis Kouamé, Madame Fatim Cissé, Ceo Ihs World Towers avec comme modérateur, Monsieur Stéphane Tchriffo, journaliste à la RTI.